J’ai épousé une communiste, une BD aux couleurs de la guerre froide donc en noir et blanc, emballée par les couleurs des sixties hallucinées.
Disponible le 30 juin 2010.

J’ai épousé une communiste, une BD aux couleurs de la guerre froide donc en noir et blanc, emballée par les couleurs des sixties hallucinées.
Disponible le 30 juin 2010.

Borgward, Tony Curtis et les lapins blancs
Pour la première édition en 2003 de J’ai épousé une communiste, Pet s’était fendu d’une couverture alternative. Cette image est restée inédite. Contrairement à la couverture initiale, travaillée dans des teintes chaudes et éclatantes, nous avons opté pour le vert sur lequel se détache le héros Borgward et Tony Curtis.
La couverture publiée jouait sur le côté spectaculaire du gigantesque téléphérique qui mène ses passages vers le sommet du Cervin. La couverture inédite met en avant les personnages comme s’ils étaient poursuivis par le décor lui-même. Tony Curtis et Borgward semblent vouloir sortir d’une hallucination. Le lieu dessiné par Pet représente la partie récréative de la base secrète que Tony Curtis a fait construire avec la complicité des notables de Zermatt au sommet du Cervin.

Le téléphone rouge sonne toujours 32 fois !
23 novembre 1963. Le téléphone rouge qui permet aux 2 grandes puissances de la guerre froide de communiquer ne répond plus. John F. Kennedy et Nikita Kroutchtchev ne peuvent plus se parler pour régler les grands problèmes du monde.
Le leader soviétique s’étonne que le patron de la Maison Blanche ne réponde pas au téléphone. Le 22 novembre 1963, Krouchtchev essaye plusieurs fois de contacter son homologue américain. Il laisse sonner le téléphone rouge au moins 32 fois. En vain. Il aurait dû savoir que le président des États-Unis était en déplacement à Dallas au Texas.
La Maison Blanche n’évoquera jamais officiellement l’attaque des forces de l’OTAN sur la Suisse. Les spécialistes américains des communications affirmeront plus tard que la ligne était en dérangement depuis quelques jours. A la Maison Blanche, on expliquera que le responsable technique de la ligne spéciale dédiée au téléphone rouge a travaillé jour et nuit pour rétablir la communication entre les 2 super puissances.

Dans ses mémoires rédigées après son éviction du pouvoir en 1964, Krouchtchev ne dit pas grand chose du fameux coup de téléphone sans réponse du 22 novembre 1963. Il envisage de manière assez vague le problème avec la Suisse. Pour Alexandre Dobrynine, ambassadeur d’URSS aux États-Unis en 1963, cette panne aurait pu provoquer une crise majeure voire une troisième guerre mondiale.
Il faut préciser que malgré la crise qui se profilait, les conseillers du président Kennedy n’ont pas jugé bon de le faire revenir du Texas. A Dallas ce jour-là, il semble que le vice-président Johnson ait insisté pour qu’on prévienne le président après la cérémonie officielle organisée par le gouverneur du Texas pour informer le président des derniers développement de la situation internationale.
J’ai épousé une communiste, le titre fait évidemment penser au roman de Philip Roth J’ai épousé un communiste qui lui-même s’inspire du film de Robert Stevenson avec Robert Ryan, I Married A Communist (1949) plus connu sous le titre de The Woman On Pier 13.
I Married A Communist, le film en intégral ci-dessous:
http://video.google.com/videoplay?docid=-8719228395121762613Les moonboots de Tony Curtis et son ami l’ours.
J’ai vu Tony Curtis à Avoriaz à la fin des années 80 accoudé au bar de l’hôtel Dromont en compagnie d’un ours. Tony Curtis ne portait pas une veste en fourrure rose. Par contre ses moonboots ressemblait à 2 petits clébards au poil sale et humide dans lesquels Tony Curtis aurait marché !

La version couleur de la rencontre à Gstaad entre l’ours et Tony Curtis | Pet et Willemin
Cela s’est passé lors d’un des derniers festivals du film fantastique d’Avoriaz. Nous y étions pour la radio Couleur 3 (Suisse). Le Festival d’Avoriaz attirait une rafale de « people » ravis de se faire une semaine de ski à l’œil. Il y avait une concentration plutôt rare d’acteurs, de starlettes, de réalisateurs, d’animateurs télé, de chanteurs et autres stars en tout genre. L’exiguïté du lieu accentuait l’effet de masse. Au rayon « peuple », Avoriaz en janvier régatait facilement avec Cannes en mai.
De plus ces « people » étaient relativement accessibles, surtout pour les journalistes. Le soir après le ski – pas pour nous le ski ! – on les retrouvait tous à l’hôtel Dromont d’Avoriaz, squattant le bar et ses coulisses. Comme le studio où nous faisions nos émissions se trouvait dans cet hôtel, il était relativement facile d’obtenir des interviews même si nous préférions les invités cinéma. Nous étions avec les quelques journalistes et techniciens présents à Avoriaz les seuls « non-people » à faire tâche au milieu des célébrités. Ces derniers nous saluaient cordialement se disant sans doute qu’on devait être connus puisqu’on glandait par là et qu’il valait mieux assurer au cas où…! Un soir j’ai bousculé une femme qui prenait un peu trop de place au bar sans me rendre qu’il s’agissait de Sylvia « Emmanuelle » Krystel, un autre soir j’ai poussé un grand blond qui ressemblait à Sting. C’était Sting qui accompagnait sa femme Trudie Styler, actrice d’un des films en compétition.
Au coeur de l’après-midi tout le monde était sur les pistes de ski sauf moi qui préparait l’émission du soir. Je buvais des cafés en écrivant des chroniques quand Tony Curtis accompagné d’une ou deux personnes s’est installé au bar désert de l’hôtel. Il était plutôt disponible et sympathique. Il parlait de tout et de rien – surtout de rien – avec le barman quant un ours accompagné de son maître est entré. L’ours était tenu par une chaîne. Il semblait assez docile mais pataud et hésitant. Tony Curtis, qui avait l’air de s’emmerder, a convié l’ours et son maître à boire une bière avec lui. L’ours s’est habilement accoudé au bar. Tony Curtis rigolait, tout en se laissant complaisamment photographier en train de faire le con avec un ours par un ou deux badauds en goguette. Il a mis son bras autour du coup de la bête comme on le fait avec un vieux copain qu’on n’a pas vu depuis longtemps. L’ours a commencé à s’agiter, il a bousculé sans faire exprès quelques bières à moitié vides posées sur le bar. Tony Curtis se marrait, le dresseur a emmené son animal avant que la situation ne dégénère…
Retrouvez cette scène en noir et blanc sur le site J’ai épousé une communiste de Pet et Willemin. Histoire complète à paraître prochainement aux éditons Paquet.
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La version en couleurs publié dans l’album épuisé de la première partie de la BD J’ai épousé une communiste. Plus psychédélique, plus inquiétante, plus intense. Pourtant les 2 versions nous plaisent…
A lire 13 pages inédites des aventures de William et Bip !!!
Après la publication de la première partie de J’ai épousé une communiste, nous nous sommes lancés avec Pet dans une histoire plus rapide à réaliser sur 46 pages avec pour héros 2 lapins – William et Bip – envoyés en reportage aux îles Tiki dans le Pacifique.
Deux lapins parmi les hommes dans un univers où cette particularité ne semble déranger personne nous donnait une liberté dans le développement d’une aventure à la fois dangereuse et grotesque. Seules 13 planches ont été mises en couleurs pour cause de commande imprévue. Le Jardin Botanique de Genève, qui fêtait son centenaire, nous a proposés de réaliser une BD dans un délai très court – moins de 6 mois, Nous avons mis de côté les aventures de William et Bip. Le Botaniste a été publié chez Paquet après une prépublication dans La Tribune de Genève.
D’autres projets nous ont rattrapés et nos 2 lapins sont passés aux oubliettes. Nous sommes en train d’imaginer de nouvelles histoires courtes pour ces 2 lapins comme celle mise en ligne sur le site communiste.ch (5 pages en noir et blanc vite torchées pour un collectif des éditions Paquet).
En attendant nous publions ces 13 premières planches de William et Bip aux Îles Tiki brut de décoffrage.
Warschauer Strasse
Extrait du Journal de Borgward
« Un vent glacial balaie l’Oberbaumbrücke qui enjambe la Spree à Berlin. Ce pont est un des lieux de passage entre l’est et l’ouest. »

Oberbaumbrücke à Berlin | dwillemin
« Il était 16h30, il faisait complètement nuit. J’avais rendez-vous à la station Warschauer Strasse de l’U-Bahn avec un certain Werner, un allemand de l’est qui prétendait m’avoir rencontré à Gstaad en novembre 1963. A cette époque je ne sortais pratiquement pas de ma tanière. J’étais trop occupé par l’écriture d’un ultime épisode de ma série The President Is Dead pour m’afficher dans les palaces de Gstaad ou sur des pistes de ski. De toute façon, les stations sont plutôt désertes en cette période. Mais ce qu’il m’avait dit sur Emma avait de quoi exciter ma curiosité. Il avait l’air de bien la connaître, de savoir d’où elle venait et surtout ce qu’elle était devenue après notre séparation. Il connaissait aussi très bien mon pharmacien fournisseur de drogue à Gstaad. Ce dernier s’était fait descendre de façon mystérieuse sans que je m’en soucie plus que ça. Je vivais une douce et agréable addiction au MTE qui me tenait à distance des événements qui auraient pu perturber ma petite vie d’acteur célèbre. D’ailleurs j’ai facilement retrouvé de quoi remplir les seringues qui ne me quittaient pas. J’ai passé les contrôles facilement – trop facilement ? J’ai parcouru très vite les 500 mètres de la Warschauer Strasse qui allaient de l’Oberbaumbrücke à la station de l’U-Bahn. »
« Werner était là dans l’ombre. Je ne l’ai pas reconnu mais je savais que c’était lui… »
Berlin, 15 décembre 1969
A suivre…
Karl Marx Allee 79 – Berlin Est
D’après un témoignage fait par Borgward aux auteurs en 2001
« Borgward s’est rendu à cette adresse avant-hier. Une pluie fine vasait sur Karl Marx Allee. Sur le tableau des sonnettes de l’entrée de l’immeuble Borgward a retrouvé le nom de Sikorski. Ce qui ne signifiait pas forcément qu’il s’agissait du domicile d’Emma Sikorski son épouse russe disparue. Il n’a pas osé sonné de peur de se trahir. Même si les passants étaient rares sur Karl Marx Allee, il pouvait toujours y avoir quelqu’un d’embusqué quelque part. Borgward n’avait jamais été très fort pour semer ses suiveurs. »
« Il a redescendu l’immense avenue jusqu’au Café Moskau qui était fermé. En face du Café Moskau, le Kino International programmait une adaptation pour le cinéma de la série The President Is Dead. La séance était déjà commencée. Borgward dans le noir et s’est installé tout devant. Quelques minutes plus tard une femme a pris place au dernier rang. Le film était affligeant de nullité. Le producteur Rabbit Bob n’avait rien compris à son histoire. En plus le film était en couleurs. Alors que seul le noir et blanc pouvait restituer l’esprit de la série télé The President Is Dead. Borgward s’est endormi. Quand il s’est réveillé, il n’y avait plus personne dans la salle et le café Moskau était toujours fermé. »
7 décembre 1969
A suivre…
J’ai épousé une communiste à Berlin-Est
Extrait du journal de Borgward
« Je m’appelle Borgward. Je suis à Berlin depuis quelques jours. Emma Sikorsky, mon ex-femme m’a donné rendez-vous dans un café du quartier de Charlottenburg à Berlin-Ouest. Quelle drôle d’idée ! Il est plus simple pour moi de passer à l’est que pour elle de venir à l’est. Je ne sais pas comment elle fait. A moins que tout ce qu’on dit sur ses liens présumés avec le KGB ne soit vrai.
Je suis arrivé au Café Lentz très avance. Histoire d’être prêt en cas de problème. Chaque client du café est agent potentiel de n’importe quel service secret. Initialement je devais rencontrer Emma au lieu de passage de Oberbaumbrücke. C’est dire si je me méfie de ce rendez-vous où tout peut arriver. J’ai commandé une bière et un sandwich et j’ai attendu. Je me suis amusé à faire ce cliché sans que personne ne réagisse. »
Café Lentz – Berlin | dwillemin
« Sur l’image à gauche, rien à signaler. Le type n’est pas un agent, j’en suis presque certain. Les 3 autres j’ai des doutes. Je suis parti juste après que le 4ème personnage soit rentré dans le café. Ça faisait plus d’une heure que j’attendais. Elle ne viendrait plus… Inutile de traîner. J’ai repris le S-Bahn à la station de Charlottenburg. »
4 décembre 1967
A suivre…
Borgward et Polanski
Comme Borgward le personnage principal de J’ai épousé une communiste dans les années 60, Polanski revient à Gstaad dans son chalet où il est assigné à résidence.
Les 2 hommes se connaissent. Il semblerait que Borgward, séjournant actuellement à Berlin pour des raisons qui nous échappent, ait décidé de revenir à Gstaad pour le rencontrer. Quel lien avec l’affaire Borgward et celle concernant Polanski ? Je n’en sais rien. Je suis à Berlin jusqu’au 15 décembre pour enquêter sur Borgward. Dès mon retour en Suisse, il faudra que je me rende à Gstaad pour en savoir plus. Troublant les liens entre une histoire qui s’est déroulée en 1963 et cette affaire Polanski. Roman Polanski connaît-il Emma Sikorska l’épouse « communiste » de Borgward ? Encore une question qui reste pour l’instant sans réponse. Laissons les journalistes faire leur travail sur place avant d’émettre une hypothèse sur les liens entre Polanski et Borgward.
A suivre…
La voiture de Borgward dans les rues de Gstaad en 1963 | Pet
Des minarets, un khadafi qui rit, un polanski en prison, une banque en déroute… etc. En 2009, la Suisse accumule les bavures avec une réjouissante bêtise. Pauvre Suisse qui ne s’est jamais remis de son alliance secrète avec l’URSS dans les années 60…
Comme dans les années 60 quand les services secrets suisses laissait un commando russe s’occuper de Borgward acteur et scénariste célèbre, la Suisse n’a pas attendu que les américains lui demande d’arrêter Polanski. Au-delà de la légitimité de la démarche, la manière refoule carrément du goulot.
Comme par hasard les 2 stars en questions sont des habitués de Gstaad… Comme par hasard la neige se met à tomber sur Gstaad un 30 novembre !
Extrait de J’ai épousé une communiste | Pet
A suivre…
Aujourd’hui: RIEN !
29 novembre 2009
A suivre dans communiste.ch
17 strips (y compris la couverture et un prologue illustré) de cette BD sont disponibles sur le site ainsi que des documents liés à la préparation de J’ai épousé une communiste. Jusqu’en en avril 2010 nous allons publier l’intégralité de cette BD en 2 parties. La première a été éditée aux éditions Paquet en 2003. Depuis plus rien !!
Borgward le héros et ses vieux démons | Pet
Entre temps PET et moi-même avons commencé une nouvelle histoire en bandes dessinées Willemin et Pet sont exotiques. Démarche interrompue par la commande d’une BD par le jardin Botanique de Genève, Le Botaniste toujours aux éd. Paquet. Nous publierons prochainement les 13 premières planches de Willemin et Pet sont exotiques dans la rubrique Wiliam et Bip. William et Bip sont deux lapins au milieu des hommes. Ils aiment les carottes, raconter des histoires en bandes dessinées et partir en reportages dans des pays improbables dans les années 60. A suivre dans la rubrique William et Bip de courtes histoires qui racontent les coulisses de la fabrication de J’ai épousé une communiste.
Le Tome 1 qui recouvre la première partie de J’ai épousé une communiste est épuisé, la seconde partie est inédite. Le tout sortira en couleurs en avril 2010 aux ed. Paquet. La publication sur le site communiste.ch se fait en noir et blanc. Pet a retravaillé toutes les planches en ajoutant des noirs et des blancs qui collent bien à l’état d’esprit de cette histoire qui se déroule essentiellement dans les années 60 en pleine guerre froide.
A suivre…